1200 erreurs mortellesDEVELOPPEMENTLes erreurs médicales tuent plus que le sida, la grippe et la route réunis. C’est trop. Trop. Et pourtant, on reste dans une vision minimaliste du problème. Acceptons une moyenne,basse, de 3000 morts par an suite à une erreur médicale dans les hôpitaux. Si on extrapolel’ensemble des dérives des fournisseurs de soins, les 50 000 événements indésirablesassociables bien entendu aux erreurs médicales, presque toujours très, très lourdes deconséquences; l’article du Matin, certes alarmiste; n’est en fait que de la poudre deperlimpinpin devant la réalité des agissements des médecins amateurs, bricoleurs.Pour tenter de faire évoluer la sécurité des patients, il convient d’oser faire la critique desfournisseurs de soins. Préalablement, il existe de vrai de professionnels de la santé, consciencieux, attentifs,compétents. Ils portent à eux-seuls tout le poids de la médecine dans son acceptationpremière. On a peine à croire, devant les chiffres des morts et autres bévues en milieuhospitalier, qu’ils sont majoritaires. Sinon, ça se saurait. Déjà, les primes d’assurance-maladies’en trouveraient divisées par deux.A contrario, les professionnels de la santé responsables de la culture des erreurs médicales, quin’ont cure d’un quelconque devoir de diligence envers leur patient, dont l’incompétence n’ad’équivalent que leur dilettantisme, cette majorité exerce avec la bénédiction du systèmeultra-libéral derrière lequel elle se complait dans une parfaite impunité. Les oligarques dusérail des confrères... comme de la justice administrative, pénale ou civile, sont tous demèche. On ne touche pas aux sacro-saints principes du corporatisme, de la culture du secret,du mensonge, en bref à l’omerta des blouses blanches. On n’a pas de compte à rendre. Lesdroits des patients restent un leurre, comme la transparence sur la qualité des soins. Il est et ilreste de notoriété publique, c’est une criante vérité, que la victime d’une erreur médicale n’aquasiment aucune chance de voir ses intérêts défendus sinon reconnus à travers une procédureaxées sur la mise en responsabilité du médecin fautif. Il est souhaitable que ça change. Carc’est là le vrai nœud du problème. “L’erreur est humaine”. Le gag. Selon l’article du Matin et le secrétaire général de laFédération des hôpitaux vaudois, Robert P. Meir, il faut “abolir la culture punitive”.Déjàqu’elle n’existe pas. En vérité, la “culture de la culpabilité” ne peut, en aucun cas, commel’affirme le secrétaire général, “faire obstacle à l’amélioration de la sécurité des patients”.Bien au contraire. Les professionnels de la santé, fautifs, dans un état de droit, devraientrépondre de leurs agissements. •conformément au principe normalement incontournable de la responsabilité civile quidonne obligation de réparer le préjudice causé à autrui par l'inexécution d'un contrat outoute action dommageable.Faire disparaître la “culture de la culpabilité”! Quelle absurdité! Il faut avant tout de la renforcer. La politique dite de la peur du gendarme a prouvé sonefficacité. Sur la route, elle est garante d’une sécurité en constant progrès. Tout le monde s’yaccorde. Victimes de la route et d’erreur médicale sont un juste sujet de comparaison. Allonsdonc y voir plus loin.Chaque mort sur la route voit son cas faire l’objet d’une enquête, pour qu’une juridictionidoine examine objectivement les causes et principalement, les responsabilités des impliqués.La “culture de la culpabilité” ne saurait être remise en question.Il n’y a pas de raison pour que les responsables d’erreurs médicales, contrairement à tous lessecteurs de la vie sociale organisée, dans un état qui se veut de droit, échappent à la justice.Bien des vies, bien des traumatismes et autres conséquences fâcheuses seraient épargnés si lesprofessionnels de la santé étaient confrontés, comme l’automobiliste, à la “culture de laculpabilité”, déjà pour elle-seule génératrice des salutaires mécanismes de prudence, deprécaution, de prévention. La vindicte populaire réclame une plus grande sévérité envers les chauffards de la route.Appliquée aux 1200, plutôt 3000 décès, sinon plus, par an dus aux erreurs médicales, et aux 50000 événements indésirables, il est fort à parier que la sécurité des patients s’en trouveraitdéjà fortement améliorée si une “culture punitive” s’exerçait contre les médecins qui violentsans coup férir leur devoir de diligence. Rêvons, dans un premier temps, que les institutions de justice, en place, se penchent avec unpeu d’assiduité, fassent preuve de bienveillante attention, d’objectivité, sur les cas litigieux enrelation avec les erreurs médicales. Des procédures simples, assistées, rapides, un accès pourtous à une justice dont le devoir serait de dire - sans contrainte, en toute indépendance - ledroit dont celui des patients. Les lois, pénales, civiles, administratives existent. Il suffit d’enfaire une bonne application. Mais pour en arriver là, il faut préalablement libérer les instancesconcernées du joug des oligarques du système établi. Meurtre, par négligence, négligence coupable, accidentelle, etc. La justice dispose de tous lesqualificatifs appropriés. De toute façon un délit involontaire mais qui n’empêche nullement lemédecin fautif d’être redevable de ses agissements en regard du pouvoir d’appréciation deceux qui disent le droit. En l’état actuel, pour l’erreur médicale, on a affaire à une exceptioninjustifiée, infondées et génératrice de toutes les dérives du système. L’article du matin crée plus la confusion qu’il n’apporte de l’eau au moulin pour remédier ausentiment de dépossession ressenti par une victime d’erreur médicale et qui a l’outrecuidancede prétendre faire valoir ses droits.